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Je cherche simplement à créer un espace juste et serein, correctement proportionné et chargé d’émotion
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France – Pont-Aven:
Transformation d’un Ker breton.
Le défi de ce projet était de transformer l’ancien manoir breton du poète Théodore Botrel, abandonné au milieu d’un parc en friche, en une habitation pour collectionneur d’art contemporain.
Il était difficile de reconnaître dans cette bâtisse en piteux état, rongée de mérule, pillée et défigurée par des transformations sauvages le manoir intime et confortable conçu en 1907 par l’architecte Charles Chaussepied pour le poète breton.
Exposé au Salon des Artistes Français en 1908, le manoir avait été considéré comme personnel et intéressant par son style breton » des fondations à la girouette « .
Cette maison familiale, ce » Ker « , baptisé » Chez Nous » par Botrel, est bâtie à Pont-Aven sur une colline aujourd’hui boisée et dominant à la fois le village et la rivière. Ce site privilégié jouit d’une vue exceptionnelle.
A l’époque de la construction du Ker, la jolie bourgade de Pont-Aven était déjà fréquentée par une colonie d’artistes peintres, séduits par les paysages, les sites et surtout par la qualité exceptionnelle de la lumière.
Les éléments les plus significatifs du projet étaient le porche Breton, identique à celui des chapelles de l’Armor, qui indiquait l’entrée Nord-Est et la grande cheminée de pierre portant la devise du chansonnier » Evit Dove, ar bobl hag ar vro » ( Pour Dieu, le peuple et le pays)
Cette devise était particulièrement appropriée pour un homme qui devait s’illustrer pendant la première guerre mondiale. Théodore Botrel fut en effet décoré après la guerre pour s’être rendu dans les cantonnements, casernes et hôpitaux pour y chanter aux troupes ses poèmes patriotiques.
Le manoir porte actuellement le nom de » Ker Brizeux » en hommage au poète romantique breton, Auguste Brizeux, que Botrel admirait profondément.
La rénovation du Ker va être conçue par le bureau Baudouin Courtens dans un souci d’authenticité et de préservation des éléments essentiels du bâtiment.
Tous les enduits, les cimentages, les fausses cloisons, les châssis en PVC, les boiseries mérulées vont être arrachés, laissant apparaître à la fois la structure générale et les matériaux originaux.
A l’extérieur, le manoir sera entièrement ravalé pour laisser apparaître son appareillage en blocs de granit. Ceux-ci seront ensuite revus et minutieusement rejointoyés avec un enduit à la chaux. Un balcon en bois massif qui flanquait autrefois la tourelle sera redessiné sur base de documents anciens, et tous les châssis seront reconstitués à l’ancienne, en bois massif peint en vert foncé.
A l’intérieur, la bâtisse sera recomposée sur base d’un plan très simple qui s’articule autour d’un mur médian existant, perpendiculaire à la tour. Les pièces se distribuent de part et d’autre de ce mur à l’extrémité duquel s’enroule la cage d’escalier.
En accord avec le maître de l’ouvrage, l’architecte Baudouin Courtens va concevoir des espaces intérieurs contemporains d’une grande fluidité. Pas de gigantisme ni de monumentalité, mais une sérénité et un dépouillement qui prennent leur source dans le choix de quelques matériaux de base, de grande qualité et simplicité, qui se déclinent comme une constante de pièce en pièce.
Granit breton pour les sols du rez-de-chaussée et les habillages de salles de bains, Sapelli massif pour les parquets des étages, la cage d’escalier, les balustres, mais aussi pour toutes les portes intérieures, enduit à la chaux hydraulique pour tous les murs, érable pour les lambris de la bibliothèque, pour le mobilier intégré, pour les placards.
Aucun détail n’a été négligé dans cette demeure conçue comme un écrin pour les nombreuses collections du maître de l’ouvrage.
Un constant souci d’épuration a dirigé la conception de ceux-ci. Ainsi toutes les portes sont dépourvues de chambranle, leurs charnières étant invisibles grâce à un ingénieux système mis au point avec le menuisier ; partout la définition entre murs et plafonds se fait par le biais d’un joint creux constitué d’une cimaise destinée à la suspente des tableaux.
L’architecte a également dessiné tout le mobilier intégré qui participe à la définition des espaces.
La cuisine, les placards, les salles de bains, la bibliothèque mais aussi les têtes de lits et l’impressionnante table ronde au plateau en chêne des marais ont donc été composés dans un même esprit de sobriété.
La demande du maître de l’ouvrage de concevoir un bâtiment annexe destiné à abriter une salle de sports avec Spa et hammam, un atelier d’artiste et différents services (garages, locaux techniques, espaces de rangement) a fourni au bureau d’architectes Baudouin Courtens la possibilité de recomposer les espaces extérieurs.
Le bâtiment, conçu comme une grange ancienne, est délibérément dépouillé : un long parallélépipède habillé d’un bardage en bois peint au Targo black, déposé sur un socle en moellons de granit et coiffé d’une toiture en ardoises naturelles.
Son implantation, perpendiculaire au manoir, redéfinit un espace de cour, relecture des anciennes cours d’honneur des manoirs.
Le parc a, quant à lui, été entièrement restructuré par le paysagiste E. Tymen. Sa composition vient compléter et appuyer les espaces définis par l’architecture en exploitant quelques éléments dominants comme les insolites palmiers de la cour d’honneur et les pierres de granit affleurant la surface végétale.
Paysagiste :
Je cherche simplement à créer un espace juste et serein, correctement proportionné et chargé d’émotion